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Tennis de table, sauce NBA.
Et si enfin par cette avancée, faisait reconnaître le ping vis à vis des médias surtout en occident. C'est vraiment rageant de ne rien "voir" chez nous.
Le tennis de table chinois veut prendre modèle sur la NBA source LE MONDE |
Il ne faut pas se méprendre. "On ne peut pas dire que la Chine exerce une domination complète sur le ping-pong", assure Liu Fengyan, vice-président de la Fédération chinoise de tennis de table. En jouant avec ses deux téléphones portables, cet homme d'appareil tient à mettre les choses au point : "Il y a dans notre sport d'excellents joueurs étrangers, même si, grâce au travail réalisé par l'Etat, les nôtres obtiennent beaucoup de titres."
Soit M. Liu est d'une politesse exquise, soit il cultive un goût pour l'euphémisme. La Chine est au ping-pong ce que les Etats-Unis sont au basket-ball. Une nation hégémonique qui, de temps en temps, laisse quelques miettes à ses adversaires. Depuis que la discipline a été inscrite au programme des Jeux, en 1988, c'est cependant ce rendez-vous majeur que les Chinois ont pris la fâcheuse habitude de manquer. Dans le tournoi le plus prestigieux, celui du simple masculin, la médaille d'or leur a échappé trois fois sur cinq. "Du coup, ils ne font pas les fanfarons, de peur d'avoir l'air bête s'ils échouent de nouveau cette fois", analyse un observateur.
La prudence de M. Liu admet certainement aussi une raison plus politique. A l'heure où le pays s'ouvre au monde, le ping-pong est devenu un marché à exploiter. Les décideurs chinois ont pris conscience qu'une trop grande hégémonie pouvait tuer la poule aux oeufs d'or. D'autant que leurs joueurs, s'ils n'ont pas leur place en équipe nationale, s'en vont chercher fortune sous d'autres drapeaux. Un combat sino-chinois, même au pays, n'est pas aussi vendeur qu'un duel intercontinental. "Le ping-pong, pour se développer, a besoin de tout le monde", constate M. Liu.
Il est loin le temps où Mao Zedong, dans les années 1950, avait décidé de faire du tennis de table, d'origine anglaise, un outil d'éducation des masses. "Considérez la balle comme la tête de votre ennemi capitaliste. Tapez dedans avec votre raquette socialiste et vous aurez gagné un point pour la mère patrie", aurait-il dit. Aujourd'hui, de la qualité de la frappe dépend surtout le nombre de yuans engrangés par le joueur et ses satellites : représentants de l'Etat, potentats de province, sponsors.
"Ici, les pongistes sont des stars qui roulent en Porsche Cayenne et ne peuvent pas sortir dans la rue sans se faire accoster. Mais ils ont compris que s'ils ne font rien, d'autres sports comme le basket-ball peuvent prendre l'ascendant", raconte Michel Gadal, le directeur technique national français, qui a initié un programme d'échange entre jeunes joueurs français et chinois.
Le basket-ball est à la fois l'ennemi et le modèle. Le succès commercial du championnat des Etats-Unis, la NBA, qui réunit les meilleurs joueurs du monde, montre la marche à suivre. "Depuis 1995, nous avons une ligue avec nos meilleurs pongistes, explique M. Liu. Nous avons déjà accueilli des étrangers [l'Allemand Timo Boll, 6e mondial, par exemple] et nous en accueillerons un plus grand nombre. Nous avançons pas à pas."
Cette ligue est organisée autour de huit clubs qui n'en sont pas vraiment : cohabitent, en propriétaires, l'Etat, des provinces, des entreprises liées à l'Etat. Les joueurs, eux, sont largement payés au résultat. La fédération a adopté ce système après s'être rendu compte qu'une fois grassement rétribués, les pongistes perdaient le goût de l'effort.
La Chine compterait entre 30 et 50 millions de compétiteurs. Chaque année, 2400 heures de ping-pong sont diffusées à la télévision. Le gâteau est très appétissant et devrait pouvoir nourrir beaucoup de monde, étrangers compris, s'il ne se gâte pas par manque d'opposition. "Les Chinois ont compris l'intérêt de s'ouvrir, note Michel Gadal. Ce sont des créateurs. Dans le jeu, ce sont les seuls capables de se renouveler, d'inventer de nouvelles tactiques, de nouvelles techniques."
Pierre Jaxel-Truer |
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